En retraite après son deuxième titre de suite en 2005, l'étoile Virginie Dedieu (99 points) a brillé dans l'épreuve préliminaire du solo libre des Championnats du monde de natation synchronisée, dimanche à Melbourne.
Quatorze mois sans s'entraîner. Et puis l'envie de tenter un dernier pari, d'aller chercher une troisième couronne a envahie Virginie Dedieu. Hésitation, consultation avant en novembre dernier de se lancer à la conquête d'un ultime graal.
Quatre mois plus tard, sa condition physique n'est peut-être pas la meilleure possible. Mais son talent est intacte. C'est presque sans surprise qu'elle a dominé la Russe Natalia Ischenko (98,5) celle qui voulait, devait prendre la succession. Ischenko a pourtant bénéficié d'un petit coup de pouce du juge russe (10). Mais c'était insuffisant pour menacer Dedieu. Cela lui a juste permis de renforcer sa primauté devant l'Espagnole Gemma Mengual (97,666), la Japonaise Saho Harada (96) et l'Américaine Christina Jones (95,333). La seule surprise -et encore- est venue de la Chinoise Huang Xuechen (94 pts). A 17 ans, la championne du monde junior a confirmé l'étendue de son potentiel. Et dans une discipline qui n'aime pas les bouleversements, elle s'est positionnée comme une vraie prétendante. Malgré une petite faute dans son entame de mouvement, Dedieu qui évoluait sur le thème de la vie de Maria Callas avec les musiques "Armand Amar" et "la Mama morta" a, elle, obtenu la note maximale de 10 à trois reprises. Le juge français en technique mais aussi l'Espagnol et l'Autrichien en artistique.
"Etre moi" ---------- "Ca va. C'est pas mal!", a lancé Dedieu, estimant immédiatement qu'elle peut "faire mieux" lors de la finale de jeudi tant sur le plan de l'interprétation que de la technique. "J'ai fait quelques petites erreurs, notamment au début", a-t-elle déploré.
Dans un maillot noir avec des éclats en argent, Dedieu a plongé et effectué une première longueur quasiment en apnée totale. Seul souci: sa difficulté initiale. Ses trois tours en oblique ont, dixit son entraîneur Charlotte Massardier, été "un peu fragiles". Le reste de son programme de plus de 3 min a confirmé sa suprématie. Plus d'apnée, sorties d'eau plus haute plus dynamique. Et si elle n'a pas encore atteint la perfection qu'elle recherche encore et toujours, elle a marqué les esprits.
Dedieu a donc montré qu'elle restait la patronne. tout au moins le temps de cette compétition qui ne devrait être qu'une parenthèse dans sa nouvelle vie. "Dans la tête des juges, je suis là. C'est positif", a-t-elle noté, soulignant qu'elle avait souffert physiquement. Sourire aux lèvres, la naïade d'Aix-en-Provence n'a pas tremblé pour son retour. "L'échauffement s'est bien passé. J'ai pris les dernières informations. Et, avant de passer, je me suis dit que j'étais venue pour ça et que je devais être moi", a raconté Dedieu. Elle devra l'être encore pour garder sa couronne.